La dernière cassette


André Brassard, considéré comme l’un des plus grands metteurs en scène québécois de sa génération, nous a quittés en octobre 2022. Ces dernières années furent passées prisonnier dans un fauteuil roulant, attendant le dernier jour arriver. Son corps ne répond plus, mais sa tête oui.

Dans sa nouvelle pièce, produite par L’activité La dernière cassette, Olivier Choinière nous raconte cette fin de vie de façon fictive. André Brassard fut son professeur à l’École nationale. La genèse de cette pièce lui est venue après avoir eu plusieurs entretiens avec lui pour un autre projet. André Brassard devient AB. Il fait de ces journées « d’attente » une réflexion sur sa vie, sa carrière. Pour cela comme matériel de travail il a de vieilles cassettes enregistrées tout au long de sa vie.

De prime abord une pièce sur la fin de vie d’un homme, pourrait laisser penser à une soirée loin de faire un Wouah ! et bien que nenni. C’est Wouah ! Wouah et encore Wouah.

Brillante idée qu’a eu Olivier Choinière de proposer ce monologue à Violette Chauveau. Les didascalies, que lui aura indiquées le metteur en scène, font de son jeu un rôle qui restera marquant dans sa carrière. Elle maitrise le fait de nous comprendre ce que ressent AB sans parler. Il faut souligner le costume Elen Ewing et le maquillage Justine Denoncourt-Bélanger qui la grime en un personnage masculin. Regardez les photos !


Autre brillante idée l’angle d’approche. Olivier Chicoine s’est inspiré de la pièce « La dernière bande » de Samuel Beckett. Dans ce « monodrame », le vieux Krapp, écrivain raté et clochardisé, réécoute chaque année une vieille bande magnétique, sorte de journal où il témoignait du bonheur de son amour et de sa rupture désolante. On retrouve tout à fait cela avec La dernière cassette.

Bien que ce soit un monologue, on ne voit pas les 2 heures passées. Le texte alterne entre longue déclaration, ou situation mimées terminées par quelques sacres bien sentis. Ils tombent toujours à pic et ne rendent aucunement la pièce vulgaire. Ainsi va-t-on comprendre le message d’André Brassard. Point de divulgation à cette étape du texte, je vous y aller pour le découvrir.

Indirectement, il y a un regard, sur nos ainés en fin de vie, diminués par la maladie. Les journées qui se suivent et se ressemblent. Celle d’André Brassard fut douloureuse, pour lui étant enfermé dans ce corps. Nous voudrions tous dans l’absolu vieillir en bonne santé et partir sans souffrance. Malheureusement rien n’est garanti. Qu’allons-nous faire en tant que société vieillissante face à cela ?

Vous avez jusqu’au 30 septembre pour admirer la performance de Violette Chauveau au Théâtre de Quat’Sous.

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